Comprendre la densité et la diversité des ouvrages militaires en Lorraine
Difficulté majeure quand on s’intéresse aux bunkers lorrains : l’immense variété de leur patrimoine militaire. La Lorraine, territoire frontalier par excellence, a été fortifiée par tous les gouvernements depuis le XIXe siècle. Ligne Séré de Rivières après la guerre de 1870, ligne Maginot dans les années 30, casemates allemandes après 1940, mais aussi postes d’observation, abris pour troupes, blockhaus… Sur la seule zone allant de Thionville à Apach, plus de 500 ouvrages différents sont recensés (source : ligne-maginot.org).
- La ligne Maginot (années 1930) : plus de 400 ouvrages sur la portion nord-mosellane, dont certains (Hackenberg, Mont Saint-Quentin…) sont monumentaux et visitables, mais une grande majorité est oubliée dans les forêts et prairies.
- Vestiges allemands, bloc Besseringen ou bunkers de la Guerre froide : plus discrets, souvent cachés près des anciennes frontières ou surplombant la Sarre.
- Casemates de campagne et abris d’artillerie : disséminés le long des rivières, comme sur l’Orne, la Moselle ou la Nied.
Les chiffres sont vertigineux : la Dordogne (hors Lorraine) possède moins de 50 blockhaus, tandis qu’entre Thionville et Cattenom, on en recense plus de 120 sur moins de 40 kilomètres. Cela s’explique par la peur de nouvelle invasion au fil des siècles.