Migrations, guerres, et renaissances : Les grands bouleversements historiques et leur impact dans la marmite
Difficile d’évoquer le Pays de Bitche sans souligner combien la tourmente des guerres, de la Révocation de l’Édit de Nantes (1685) à la Guerre de 1870, la Première et la Seconde Guerre mondiale, a provoqué exils, retours, apports et pertes dans le domaine culinaire. Les foyers évacués, la rareté des denrées, les échanges forcés ou clandestins, ont orienté durablement les traditions culinaires.
La période de l’annexion allemande (1871-1918 puis 1940-1944) a laissé des héritages linguistiques, mais aussi alimentaires et techniques. On retrouve, dans la langue du quotidien tout comme dans les recettes, des mots et tours venus d’au-delà du Rhin (ainsi, « Sauerkrout » avant la « choucroute » française, « Leberwurst » pour le fromage de foie…).
L’histoire de la métallurgie et du verre, industries majeures du pays dès le XVIIe siècle, attire ouvriers, contremaîtres et maîtres d’œuvre venus de Rhénanie, d’Alsace, parfois de Suisse. Chacun amène dans ses bagages produits, méthodes et secrets de famille. Les recettes s’adaptent à la saisonnalité, au rythme des fêtes religieuses ou de la vie communautaire.